dimanche 4 avril 2010

Jamais libre

Il est loin, ce jour, où nous avons débarqué sur l'ile paradisiaque.
Découvrir la mort ne sera jamais une futilité.
Oui, j'ai marché, des heures durant, sous le soleil de plomb, à la recherche de nos camarades disparus, avec le ressentiment et cette peur mêlée, à attendre, tremblant dans un fossé, que la nuit passe plus vite.
A l'aube, nous n'avons rien trouvé que désolation et incompréhension...
Puis, il a fallu rentrer, sans rien dire, accepter d'être montré du doigt comme un tueur alors que je n'avais pas tiré un seul coup de feu, ni même levé une main de haine.
Il y a cette citation de Montaigne qui raconte que "L'homme est malmené non  pas tant par les événements  que, surtout, par ce qu'il pense des événements."
Ce que j'ai pensé, personne en a eu à faire, j'avais fais le job que voulais tu de plus ?
Pour me remercier de ma loyauté, l'année d'après j'ai été ajourné pour attitude non militaire, quelle ironie.
Aujourd'hui, pour quelques mots de trop, au retour de ces patrouilles que certains osent encore trouver banales, un camarade est plongé dans le doute.
Nous ne serons jamais libre, peines et peine du Gendarme .
Trahir la confiance ne sera jamais sans conséquence, trahir celle de nos soldats de la république, ça, je ne sais pas s'il y a pire.

1 commentaire:

  1. Enfin, anonyme pas tant que ça...

    Je viens te dire tardivement, que les quelques mots de trop que j'ai rédigés ce soir là au retour de ma patrouille, loin de m'avoir plongé dans le doute, m'ont plutôt renforcé dans l'idée qu'aujourd'hui, la loyauté, la fidélité et l'abnégation doivent se travestir en "basses servilités", pour êtres reconnues par la très haute hiérarchie, et ainsi lui renvoyer l'image d'elle même...

    Merci d'avoir eu une pensée pour moi.

    Adjudant Arnaud CHADELAT-D'Artagnan Berrichon.

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